Velotaf – Masque ou pas Masque ?

Le développement des déplacements urbains à vélo s’accompagne d’un développement très prégnant de la pollution atmosphérique. Il est d’ailleurs un paradoxe. Les déplacements « doux » ou écologiques n’ont jamais été aussi important, portant leur part dans certaines villes à des niveaux jamais atteint. Dans ce contexte, les cyclistes et autres pilotes de trottinettes se retrouvent encore plus impactés par les conséquences de la pollution urbaine.

Développement des mobilités douces

La ville de Strasbourg est une des rares à avoir une véritable politique de développement des déplacements cyclables. Pour certain ces déplacements s’effectuent au forceps, pour d’autre cette politique paye dans une région où la pollution est un peu plus forte chaque année. Ce sont désormais près de 15% des déplacements urbains qui s’effectuent avec la petite reine et sur l’ensemble du territoire on a vu ce type de déplacement bondir de 90% en quelques années.

Pollution urbaine

Dans une même temps, une étude Européenne de grande ampleur au sujet des effets de la pollution a été dévoilée il y a quelques mois mettant des chiffres sur les effets de la pollution atmosphérique sur la santé. Ce sont près de 18% des européens qui meurent des conséquences de la pollution. La France est mieux lotie avec un 10% mais il existe de très fortes disparités suivant les territoires. Les agglomérations et les ports sont plus fortement touchés.

Au niveau des citoyens, des actions sont possibles comme à Marseille ou près de Grenoble où des actions collectives ont mis les pouvoirs publics devant leurs responsabilités. Individuellement, le plus efficace est de réduire l’impact de la pollution par des moyens individuels faute d’action concrète de l’Etat et des collectivités locales.

Equipements de protection / Masques

Aujourd’hui, on compterait moins de 0,2% de cyclistes qui utiliseraient au moins un équipement de protection individuelle ou un capteur de pollution régulièrement. Ces chiffres sont d’ailleurs soumis à vérification puisqu’il est rare de constater dans nos déplacements.

On peut distinguer deux types d’équipements individuels :

  • des outils d’information : applications mobiles d’information, capteurs de pollution comme le Flow 2.
  • des masques anti-pollution

Les outils favorisant l’information permettent de connaitre des niveaux de pollution et de prendre des décisions sur des trajets qui seraient plus favorables ou de choisir des heures de sortie. Pour autant, ils n’ont pas d’impact directe sur la santé de l’usager.

Mais, souvent les sorties sont contraintes par des horaires (travail, rendez-vous, …) et le choix des trajets les plus sécurisés. Il est donc souvent indispensable de passer à l’étape supérieure et de mieux se protéger.

Utilisation d’un masque anti-pollution

Adopter un masque anti-pollution requiert une démarche qui est pas très éloignée de l’effort de passer d’une voiture au vélo pour un trajet domicile travail. Utiliser un masque est malgré tout contraignant en tout cas dans un premier temps.

L’utilisation d’un masque implique un certain nombre de contraintes qui ne se résume pas au simple choix du bon masque. Comme tout équipement de filtration, la superposition des couches textiles a un effet physique sur la respiration. Le flux d’air est freiné et n’en déplaise aux fabricants, cette gène sera selon les individus simplement palpable et pour d’autres insupportable. Il ne faut pas négliger que chaque cycliste ne dispose pas des mêmes capacités physiques ce qui a une conséquence immédiate sur la respiration et les risques d’essoufflement.

Quand on adopte un masque de protection, son cycle d’utilisation impliquera des renouvellements de filtre qu’il faudra aussi prendre en compte.

Quel masque ?

Sur la marché, il existe de nombreuses marques de provenances diverses. On en retrouve chez les grands acteurs internationaux de la VPC. Pour autant, compte tenu des normes européennes, nous avons tendance à privilégier des marques européennes qui fabriquent leurs produits sur ce territoire.

Respro est un acteur assez ancien qui respecte la norme AFNOR EN149 qui définit les classification FFP1, FFP2 et FFP3. Les masques les plus populaires comme le Respro City (et équivalents) se limite à la filtration des PM10 (particules > à 2,5 microns) produites par les moteurs à combustion d’ancienne génération, les appareils de chauffage (bois) mais aussi les résidus industriels et poussières naturelles (sable, …). Cela signifie que ces masques ne sont pas adaptés au filtrage des particules émises par les véhicules essences et diesel de nouvelle génération (Turbo basse pression, diesel type DCI/HDI,…) malgré une promesse de filtration de 99%. Dans la gamme, des modèles plus évolués s’attaquent au PM1, ce qui est aujourd’hui le meilleur compromis en agglomération.

R-Pur est une startup française très jeune puisque elle est née en 2015 et à lancé à l’issu d’un financement participatif en 2017, un premier masque antipollution fabriqué en France et assurant officiellement une filtration de 99,98% (FFP3 et PM 0.05). Au delà de la promesse, ses produits ont su évoluer et proposer une version plus légère et adaptée aux cyclistes (Nano), une version réfléchissante qui contribue à la visibilité du cycliste ou du motocycliste. Elle a su imposer sur le marché national et à l’étranger une expertise dans la réalisation d’un masque performant.

D’autres marques proposent également des produits, on peut noter :

  • Vogmask, une marque américaine qui propose des masques FFP1/FFP2 filtrant jusqu’au PM10 grâce à un filtre à charbon actif
  • HAD Smog qui propose des masques FFP1 (70% de filtration) toujours à filtre à charbon actif
  • WAIR, une autre marque française qui propose des masques FFP2

Masque ET POLLUTION

En absence de véritables données scientifiques, l’ANSES ne s’engage pas sur ce terrain et ne fournit donc aucune recommandation. La différence de vitesse de circulation entre un cycliste et une véhicule englué dans les bouchons est un argument qu’on retrouve sur certains sites pour expliquer que le masque se serait qu’un dispositif pas forcément très utile.

Il y a pourtant des paramètres qui rentrent en considération. L’exposition même si elle est courte est difficilement comparable avec celle reçue dans l’habitable d’une voiture tout simplement car chacun n’a pas la même ventilation. Un effort prononcé et un rythme respiratoire important va amener dans vos voies respiratoires quantité de polluants supplémentaires. D’une personne à une autre l’exposition peut donc être bien différente par le seul fait de l’effort qui ne sera pas le même. Contrairement aux idées reçues, de nombreuses zones en dehors de la circulation (on l’a vu au niveau des berges de la Seine à Paris) sont encore plus polluées et contribuent à une plus forte exposition. Circulez sur les quais de Bordeaux et vous verrez qu’à proximité des Péniches de tourisme la pollution est plus importante que dans la voie de circulation automobile adjacentes. L’équation n’est donc pas si simple.

La pollution contribue aussi au développement des allergies, c’est désormais démontré. Et il ne faut donc pas négliger le fait que la majorité des masques du marché (FFP1) aident à filtrer tous les allergènes d’origine naturelle (pollen, poussière et de circuler sans en subir les effets.

Les effets du masque sur la perception de la pollution environnante est nette. Il suffit d’en porter un dans un environnement très pollué pour se rendre compte que, non seulement on ne la sent plus mais que rapidement on ne ressent plus cette gène respiratoire de fin de journée (toux, impression d’asphyxie dans certains cas graves, maladies chroniques,…). Il ne faut pas négliger que cet effet positif est contre-balancé par quelques effets pas toujours agréables.

Le nez et la bouche sont engoncés dans un espace restreint et R-PUR est l’un des rares à parvenir à garder un « espace vital » qui permet de respirer à la fois par le nez et la bouche. Cependant très rapidement avec l’effort, la ventilation par le nez trouve ses limites et il faut utiliser la bouche pour accroitre le flux d’air entrant. Chez certaines personnes, il existe un risque d’hyperventilation, un stade où le corps n’arrive plus à avoir assez d’air. La condition physique de l’utilisateur reste donc très importante, il faudra souvent adapter le rythme de l’effort.

Masque ou pas masque ?

Les autorités sanitaires préconisent de lutter contre les sources de pollution quand dans un même temps rien n’est vraiment fait par l’Etat pour lutter contre cette pollution. Bien au contraire, nombre de projets ont été déprogrammés et la circulation des automobiles et du transport routier ne cesse de se développer.

Le masque antipollution c’est un peu de la même veine que le casque. Le casque a mis des années à s’imposer, probablement car il n’était pas obligatoire. Tout cycliste sensibilisé porte désormais un casque et il n’est pas question de revenir dessus. Il est probable que le masque suive le même chemin, même si ici on se heurte à des problématiques physiologiques.

L’usage du masque trouve donc un certain nombre de contre-indications et de justifications. A chacun de mettre le curseur au bon endroit :

  • Le mode de déplacement : il est souvent plus adapté à l’usage du vélo électrique ou de tout autre deux roues motorisé
  • La durée de déplacement : si pour un déplacement court il ne s’impose pas, pour des déplacements d’1h par jour, il reste très conseillé
  • La physiologie de chacun : la pratique du sport reste conseillée dans la limite des capacités de chacun. Le masque peut donc imposer de revoir l’intensité de l’effort pour compense la gène respiratoire (frein à l’effort, hyper-ventillation)
  • Le coût : le masque est une assurance. Et comme tout assurance chacun la prendra en son âme et conscience. Selon les modèles le coût d’achat varie de 25 à 149€ sans compter le changement régulier des filtres.
  • La santé : les personnes qui souffrent déjà de pathologies respiratoire le savent. Il ne faut pas oublier qu’une exposition régulière à des polluants peut, selon les personnes, contribuer au développement de maladies graves et cause chaque année 1 décès sur 10 en France.

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