Le fort perdu du Domaine de Certes

Entre château et fort, le Domaine de Certes avant d’être ce qu’il est, abritait des fortifications qui surveillaient le domaine maritime. De ces ouvrages, il ne reste aujourd’hui que la mémoire de quelques archives.

Beaucoup d’inconnues

Dans la configuration actuelle du Bassin d’Arcachon, rares sont les indices qui rappellent l’importance stratégique et militaire de ce bras de mer. Comme ailleurs sur le territoire, les hommes se sont enfermés derrière des murs pour protéger leurs héritages et leurs domaines. La où désormais s’étend le Domaine de Certes et Graveyron, on trouvait à partir du XIIIe siècle, un réseau de fortifications qui surveillait la côté ouverte sur la mer, la presqu’ile du Cap-Ferret n’étant pas encore formée.

Sur la côté entre la pointe du Verdon et l’intérieur du Bassin d’Arcachon, de nombreux ports sont ouverts directement sur la mer. Les dunes ne sont pas encore formées, les lacs ne sont pas encore fermés et la presqu’île du Cap Ferret n’a pas encore fait son avancée pour fermer le Bassin d’Arcachon.

La côte de la Gironde vers l’an 600

Les ports qui se trouvaient encore loin de la mer vers l’an 600 se sont progressivement rapprochés de la mer et ont du être protégés. Une grande partie du pays situé entre la pointe du Médoc, et le futur Bassin d’Arcachon est couvert de marécages.

Au niveau du port naturel d’Audenge, une première butte défensive a été élevée pour le contrôler mais la date de sa construction est totalement indéterminée. Tout au plus on imagine qu’elle avait une disposition identique à ses contemporaines, un peu comme la Motte de la Matte à Carcans. Sur une levée de terre, une palissade en bois délimitait une zone défensive. Les premières traces écrites datent du XIIIe siècle. La motte encore visible aujourd’hui sera retravaillée par l’installation des salines à partir de 1770.

Les Archives historiques de la Gironde publient dans de nombreux tomes la retranscription documents historiques qui permettent de retracer la construction et l’histoire de certains ouvrages. On y retrouve en particulier une charte du 5 septembre 1275 attestant la présence de cette forteresse, siège de la seigneurie d’Audenge. La motte castrale apparaît sur la carte de Cassini (1756-90). On voit clairement qu’elle est dissociée de Château de Certes.

Pierre Labat publie sur le site de la SHAAPD (Société archéologique d’Arcachon et du pays de Buch) un article très complet qui liste l’ensemble des hypothèses en partie reprises dans cet article. On notera notamment les vestiges exhumés (bois, coquilles, poteries) en 1975 qui permettait de dater approximativement la présence de cette première forteresse et aussi sa disparition au cours du XIVe siècle. Il relève surtout qu’il ne faut pas faire de confusion entre ce premier ouvrage et le fort de Certes qui sont souvent considérés dans la littérature comme des ouvrages successifs sur un même site.

On retrouve dans la carte cadastrale la trace de la motte coupée en deux par les aménagements de 1770/73. Les mottes se situent aujourd’hui juste à l’est du bassin de baignade d’Audenge.

carte cadastrale. Source Geoportail.

Château des Captaux de Buch

Les captaux de Buch vont élever à proximité de l’actuel Château de Certes une forteresse en pierre prenant la forme d’une tour carrée de 10m de côté et haute de 25m. Cette forteresse est connue comme la Château Fort de Certes et par abus de langage comme le Château d’Audenge. Les deux étaient élevés sur des mottes situées au milieu des marécages mais distantes de deux kilomètres. Les historiens estiment la date de sa construction de cette seconde forteresse entre le milieu du XIVe siècle et le début du XVe siècle sans plus de certitude. Serait-il associée à la destruction du précédent ouvrage ? Ses murs épais d’1m65 devaient résister aux plus forts assauts et sa disposition était proche de celle du château de la Teste.

De cet ouvrage, on en sait pas beaucoup plus si ce n’est qu’il fut attaqué pendant la Fronde (1653), incendié en 1697. Des fermiers qui logeaient dans le château avaient été reconnu responsable de cette incendie et durent le reconstruire à leurs frais. Difficile d’affirmer ce qu’il est advenu mais la fortification apparaîtra sous forme de ruines dans la géographie de Claude Masse. Plus tard lors de l’installation des salines, l’ancien château servira de carrière de pierre pour la maison de maître et les dépendances du futur Domaine de Certes.

Aujourd’hui s’il ne subsiste plus rien de cette forteresse, la motte plus ancienne au sud du port peut être contournée par un chemin de randonnée. On découvre alors deux petits monticules boisés (l’un haut de 2m et l’autre de 3m50).

Bibliographie

Lanton-Audenge, boucles de randonnées du domaine de Certes & Graveyron, Conseil Départemental de la Gironde

Le château féodal d’Audenge, Pierre Labat, SHAAPB, 26 juin 2014

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