1927 : Bordeaux met fin à son Octroi

Des le XIIe siècle apparaît l’octroi, un impôt sur la circulation des marchandises. Cet impôt très injuste sera l’une des causes de la Révolution Française. Il se développe aux entrées des grandes villes vers 1785 et se traduit par la construction de barrières aux portes d’entrée. Il est perçu aussi bien sur les denrées alimentaires que les matières premières ou les marchandises.

Bureau de perception Barrière de Toulouse

En 1847, l’économiste Horace Émile Say milite pour sa suppression. L’octroi disparaît progressivement du paysage français au XIXe siècle. Mais, on le sait peu, Bordeaux sera l’une des dernières villes françaises à le supprimer. Il faudra attendre 1927 pour qu’il disparaisse du quotidien des bordelais.

Ce service municipal emploiera jusqu’à 170 personnes dirigées depuis l’Hotel Ragueneau (dès 1847).

Le contrôle du territoire de la commune était toutefois loin d’être aisé. Les nombreux marécages qui entouraient la ville et les astuces des passeurs exposaient l’octroi à une fraude importante. Le développement du Tramway et des banlieues urbaines nuira également à sa perception et seront la cause principale de sa suppression.

Philippe Prévôt dans son ouvrage « Bordeaux secret et insolite » note qu’en 1884, cet impôt couvrait un tiers des recettes de la municipalité.

De cette époque, on retrouve encore le long des boulevards de Bordeaux quelques maisons garde barrière qui ont subsisté, Barrière de Toulouse, Barrière Saint-Genes et Barrière du Médoc. Les bureaux les plus anciens de la ceinture des boulevards furent conçues en 1867 par Charles Burguet visibles barrière de Toulouse et barrière Saint-Genès.

On pouvait compter au début du XXe siècle quinze points de perception. Aux grandes entrées de Bordeaux par la ceinture des boulevards, les points de passage ont conservé encore leur nom de « barrière ».

On retrouvait aussi à l’entrée du Pont de Pierre, rive gauche un double bureau pour le péage perçu par la Compagnie Maritime. Le droit de passage fut racheté par la municipalité en 1863 qui y fit alors prélever l’octroi pour les marchandises venant de la rive droite. Ces bureaux désaffectés en 1927 furent détruits lors des travaux sur le pont après 1950.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *