Mobilités : quand les municipalités se brûlent les doigts

Les annonces répétées du gouvernement autour des mobilités « douces » ont confirmé un mouvement déjà engagé dans de nombreuses villes. Mais les mesures proposées ont créé de nombreuses déceptions et favorisé l’émergence de nombreuses fake news, notamment autour d’une carte grise pour les cyclistes.

Mais peut-on considérer que ces annonces sont vraiment novatrices ? Malheureusement non puisque en rajoutant un certain nombre de dispositifs, l’état fonctionne comme avec la baisse de la vitesse à 80km/h. Il propose de nouvelles choses sans véritable prise de recul et sans mettre un « coup de boost » sur les mesures déjà en place.

Ville et nouvelles mobilités, un défi brulant

La photo est éloquente : deux véhicules stationnés sur une piste cyclable à l’insu de tous. En revanche à quelques dizaines de mètres une batterie d’ASVP sanctionnaient les véhicules qui ne s’étaient pas acquittés de leur stationnement payant. C’est le quotidien de nombreux cyclistes et la politique qui est favorisée par de nombreuses municipalités. Les mesures annoncées ces dernières semaines ne devraient pas améliorer sensiblement la sécurité des usagers.

Le paradoxe est que le développement des nouvelles mobilités est devenu un argument marketing obligatoire pour montrer que chaque métropole met sa pierre à l’édifice. Pourtant, rares sont les villes qui parviennent à concilier ces « nouveaux » usagers (même si pour certains ils le sont depuis longtemps) avec les déplacements traditionnels, les politiques de stationnement et l’aménagement de l’espace public. C’est facile sur le papier mais dans les faits, de nombreuses situations se heurtent à des raisonnements passéistes de nombreux élus. Penser révolution écologique ne peut s’inscrire dans une démarche globale qui doit concilier zone d’habitat, moyens de déplacement, infrastructures, lieux de travail et qualité de vie. Il n’est plus possible de traiter les sujets de façon indépendante.

De nouvelles mesure qui peuvent faire … flop

Par exemple, l’état à prévu de généraliser les sas vélo. Sage décision mais pour un équipement qui n’est actuellement ni respecté ni surveillé par la sécurité publique, nous pouvons légitimement nous interroger sur la pertinence d’une telle mesure. En annonçant de nouveaux dispositifs, l’état va mettre de nombreuses villes dans une situation encore pire qu’aujourd’hui.

Outre le développement du vélo et des nouvelles mobilités, les municipalité doivent faire face à un double enjeu. Arriver à faire cohabiter ces modes de déplacements individuels, avec les solutions collectives et les solutions payantes en libre accès. L’occupation de l’espace public est un véritable enjeu que les récentes décisions au niveau national ne prévoient pas et ne vont au final qu’aggraver.

Face à l’urgence, la ministre des transport a annoncé qu’il allaient légiférer pour régler le cas des trottinettes électriques. Une fois encore une nouvelle loi sera ajoutée mais sans en prévoir les moyens de contrôle et d’application.

La naïveté et l’incompétence de nos hommes politiques n’a d’égal que leur goût immodéré pour développer la fiscalité dès qu’un nouveau sujet se présente. La gestion de la transition écologique est devenu le bon prétexte pour développer la fiscalité et trouver des financements pour l’état. Jean-Marie Darmian, ancien vice président du Conseil Départemental de la Gironde, dans un billet publié cette semaine a ainsi mis en parallèle l’écologie sanction avec l’écologie d’adhésion.

Dans l’ensemble des mesures proposées, elles ne sont là que pour restreindre et pour contraindre. La transition écologique n’a pas fini de donner des sueurs froides à nos élus locaux qui ont déjà, pour nombre d’entre eux, de très fortes difficultés à anticiper de telles situations. Faute d’une adhésion naturelle, le défi semble de toute façon inatteignable… et le mécontentement des usagers risque fort de désorienter nos équipes municipales.

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