18 septembre 2005 : la liberté retrouve sa place en haut de la colonne des Girondins

L’histoire du Monument aux Girondins est tourmentée. Construit entre 1894 et 1902 à la mémoire des députés Girondins victimes de la Terreur, cet ensemble est souvent surnommé « Colonne des Girondins » ou « Monument des Girondins ». Bien qu’étant un symbole autant historique qu’architectural de Bordeaux, il ne sera définitivement classé monument historique que le 16 mars 2011.

La liberté avant sa réinstallation. Photo DRA (c) 2005

Le projet de construction de ce monument voit le jour en 1868. A cette époque, c’est le descendant du député Elie Guadet (l’une des victimes de la Terreur), Julien Guadet qui imagine un édifice à la mémoire des Girondins pour la place Dauphine (actuelle place Gambetta). C’est à cet endroit que les députés seront exécutés en 1794.

Présenté au Salon de Paris en 1870, la maquette du projet ne verra pas de suite. Pourtant en 1881, le conseil municipal délibère et prend la décision qu’un monument commémoratif à la mémoire du groupe des Girondins sera construit. L’appel à projet se concrétise et la centre des allées de Tourny est choisi le 29 mars 1887 pour la construction d’une monument surmonté de la statue de la République. Le concours permet de donner le premier prix au statuaire Labatut et à l’architecte Esquié. Après un tour de passe-passe, c’est le second lauréat, le couple Dumilatre/Deverin qui sera finalement retenu, avec un projet revu par Rich

Dans un même temps, la ville de Bordeaux négocie avec Bartholdi pour la construction d’une fontaine monumentale sur la place des Quinconces. Construite en 1888, elle est jugée trop chère. Finalement, faute d’accord, l’artiste l’installera à Lyon au centre de la place des Terreaux (Fontaine Bartholdi).

La ville de Bordeaux décide finalement de regrouper les deux projets et d’adjoindre à la colonne des fontaines de part et d’autre. La dotation financière est votée le 14 novembre 1893 et les travaux vont débuté quelques mois plus tard par la construction d’un échafaudage de 54m de haut. Il faudra 8 années pour que le monument actuel soit érigé. Il ne sera d’ailleurs jamais terminé, les statues des huit principaux députés ne seront jamais réalisées et installées sur le socle de la colonne. La colonne conforme a été réalisée par Alphonse Dumilâtre et Victor Rich.

Les chevaux marins du monument feront partie des prises de guerre lors de l’occupation allemande et seront miraculeusement retrouvés intacts après la libération. Ils ne seront réinstallés qu’en 1983.

Il faudra attendre le bicentenaire de la révolution (1989) pour qu’une plaque à la mémoire des députés soit installée sur le monument. A noter que les noms retenus dans cette inscription diffèrent du projet initial.

Le monument connaît une profonde restauration dans les années 2000, une partie des statues est démontée, la liberté est totalement rénovée. Elle sera réinstallée pendant les journées du patrimoine le 18 septembre 2005. Ce sera une occasion unique pour les bordelais de l’admirer de près.

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