L’aqueduc de Budos n’est pas romain

En visite dans le sauternais, il se peut qu’ayant entendu ou lu dans la presse la présence de l’aqueduc de Budos vous vous lanciez à la recherche d’un monument antique. Malheureusement ce système d’approvisionnement d’eau date du XIXe siècle même s’il répond au même besoin, alimenter la ville de Bordeaux en eau potable. Les rares vestiges d’aqueduc romain, n’étaient pas encore accessibles au public en 2019.

Sous l’Empereur Claude, au moment de la construction de Burdigala, un ouvrage souterrain fut construit entre Villenave-d’Ornon et le centre de la cité gallo-romaine pour l’alimentation en eau potable  la population et les thermes. De nombreux vestiges ont été mis au jour et devraient pouvoir être accessible au public en 2020. Cet ouvrage comportait une partie aérienne supporté par un pont-aqueduc dont les arches devaient s’élever à 5m de hauteur.

Mais ce n’est pas de cet ouvrage dont on parle quand on aborde celui de Budos. L’alimentation en eau a été très vite problématique avec le développement de Bordeaux et de sa périphérie. Entre 1886 et 1887, un ouvrage fut construit depuis la commune de Budos dans le sauternais, à proximité du Château du même nom, vers Villenave d’Ornon et l‘usine du Béquet (route de Toulouse).

La source

La source de Fontbanne fourni près de 28800m3 par jour à l’agglomération bordelaise couvrant environ 15% de ses besoins. Elle a la caractéristique rare, celle de fournir un débit constant d’environ 300L par seconde. A l’origine elle se déversait dans  le ruisseau Le Pesquey. Son fort débit conjugué à de fortes précipitations avait l’habitude de provoquer des inondations importantes en aval. Dès 1760, la creusement d’un canal par le Baron de Laroque entre le moulin du Batan et le Ciron (l’Eau Belle) atténua ces effets. Quand les eaux de la source furent captées à partir de 1886, le ruisseau fut réduit à un filet d’eau.

Une prouesse technique

Même si aujourd’hui, les difficultés techniques qui ont du être affrontées sont difficiles à apprécier, les ingénieurs ont mis en oeuvre des systèmes ingénieux pour acheminer l’eau avec seulement 4,57m de dénivelé entre la source et la destination de l’eau. Le conduit de forme ovale (1m75 de haut sur 1m de large) parcourt 41 kilomètres et traverse 15 communes. Un conduit complémentaire qui part de Castres (source de Bellefond) rejoint le tracé principal à Ayguemorte-les-Graves.

L’aqueduc est composé de douze tronçons séparés par des regards ou des siphons dont certains peuvent être vus dans le domaine public. Le tracé qui suit la configuration naturelle du sol est à certains endroits en affleurement et peut être identifié par sa forme pyramidale, carrée ou arrondie.

Plusieurs regards ou siphons sont visibles au milieu des vignes ou de la forêt mais la majorité se trouve dans le domaine privé.

L’eau aboutit à l’usine du Béquet, située route de Toulouse entre Villenave d’Ornon et Bègles.

Bibliographie

Aqueduc Romain de Villenave d’Ornon à Bordeaux, Association de recherches historiques de l’Ornon

Aqueduc de Budos sur Wikipedia

Usine de potabilisation du Béquet, C’est En France

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