Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en Gironde

Classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco sur une bonne partie de leurs tracés, les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France correspondent à de nombreux cheminements reliant des sites religieux majeurs. En Gironde, on relève trois principales routes de pèlerinage.

Prieuré de Cayac sur la voie de Tours

Ce patrimoine est plus qu’abstrait si on considère que le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle est une quête personnelle vers une meilleure connaissance de soi et pour l’accomplissement de sa foi. Les couloirs de pèlerinage principaux sont souvent complétés par des voies transversales qui permettaient aux pèlerins de toutes origines de converger vers Ostabat et Puente-la-Reina.

Le Guide du pèlerin et les trois voies de Gironde

Datant du XIIe siècle, cet ouvrage attribué au poitevin Aimeric Picaud insiste sur la nécessité de passer par tous les lieux saints sur la route de Saint-Jacques. Cela explique aussi la raison pour laquelle des chemins de traverses ont été tracés au fil du temps. Qu’ils s’y rendent par voie terrestre ou maritime, les pèlerins suivaient un chemin à la fois long, difficile et dangereux. La traversée de la Gironde s’effectuait en environ trois ou quatre jours par l’une des trois voies qui se sont dessinées au fil du temps.

Deux des voies principales, celles de Tours et de Vézelay traversent la Gironde. Une troisième voie se crée à partir de Soulac (puis plus tard de la pointe de Grave), dite voie littorale ou « chemin des anglais ». Depuis ces chemins, les pèlerins purent trouver refuge à proximité de sites jacquaires majeurs tels que les basiliques Saint-Seurin et Saint Michel à Bordeaux, la cathédrale Saint-Jean toujours à Bordeaux, Notre-Dame-de-Fin-des-Terres à Soulac-sur-Mer, l’abbaye de la Sauve-Majeure et la cathédrale Saint-Jean Baptiste de Bazas, tous classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Voie de Tours

La voie de Tours est la voie consacrée des nobles de France et des peuples du Nord, après que Charlemagne se soit rendu à Blaye ensevelir Roland. Elle part de Saint-Martin de Tours passe par Poitiers, Saint-Jean-d’Angely, Saintes, Bordeaux et Dax. L’arrivée en Gironde s’effectue par Pleine-Selve (Abbaye des Prémontrés de 1145). Le chemin traverse ensuite Cartelègue, Saint-Martin-Lacaussade avant de passer à l’Abbaye Saint-Romain de Blaye où Saint-Romain et Roland, neveu de Charlemagne, auraient été inhumés. A partir de la construction de la Citadelle de Blaye, les pèlerins étaient accueillis dans le cloitre des minimes, l’abbaye située dans le glacis de la place forte ayant été évacuée. La chapelle Saint-Jacques de Bourg est l’étape suivante qui amène les pèlerins à traverser les fleuves au Bec d’Ambès. Tauriac et Saint-Laurent-d’Arce sont les prochaines étapes avant de rentrer dans Bordeaux. Les sanctuaires de la ville ont des ressources d’hébergement importantes et offrent un repos mérité. Mais nombreux préfèrent faire étape au Prieuré de Cayac à Gradignan où les hospitaliers offrent gîte, couvert et soins aux voyageurs. La prochaine étape suggérée par le Guide du pèlerin était Belin-Beliet avant d’entamer la traversée des Landes. Là la légende carolingienne attribuait à cette ville le dernier repos des chevaliers Ogier roi de Dacie, Arastain roi de Bretagne, Olivier Gondebaud et Garin duc de Lorraine qui avaient été massacrés en Espagne. Il convenait donc de s’y recueillir.

Voie de Vezelay

La voie limousine longe l’extrémité est du département de la Gironde depuis Sainte-Foy-la-Grande où une relique de Sainte-Anne était abritée. Le chemin suivait ensuite Pellegrue, Saint-Ferme et Saint-Sulpice-de-Guilleragues. La traversée de la Gironde se poursuivait ensuite sur cette voie par la commanderie templière de Roquebrune. A Saint-Hilaire-de-la-Noaille, le pèlerin pouvait ensuite faire sa prière suivant un rituel particulier, en levant une pierre au dessus d’une auge creusée dans le sol.

Moulin de Piis

Ils traversent la Garonne à la Réole vers Bassane où la commanderie de l’ordre des Antonins au moulin de Piis porte assistance aux nombreux pèlerins qui prennent cette voie. Bazas est la prochaine étape et aussi une halte qui étaient appréciée. Sur cette route, la cité fortifiée de Captieux est ensuite la porte d’entrée vers les Landes.

Voie littorale

Cette troisième voie suit une route hors des chemins traditionnels précisés dans le Guide du pèlerin. Elle est parcourue le plus souvent par les anglais ou des pèlerins venant de Bretagne, des Charentes ou de Vendée. Elle permet de relier par la voie littorale la ville de Bayonne puis de traverser les Pyrénées.

Voie jacquaire à Hourtin-Plage

Les pèlerins accostent dans le port de Soulac, qui est au Moyen-Age une porte ouverte sur l’Atlantique. Plus tard quand le tracé de cote sera redessiné et les ports refermés, les pèlerins arriveront par l’embouchure de la Gironde au Verdon-sur-Mer. En l’église Notre-Dame-de-Fin-Des-Terres, les pèlerins peuvent s’incliner devant le tombeau de Sainte-Véronique. Le sanctuaire sera enseveli sous les sables au XVIIe siècle. Le chemin mène par la forêt et les marécages à Saint-Hélène-de-l’Estang, située entre l’actuelle commune d’Hourtin et celle de Carcans. La chapelle qui comportait un autel dédié à Saint-Jacques a été abandonnée suite à l’élévation du niveau du Lac d’Hourtin-Carcans. Il n’en reste que quelques pierres au milieu de la végétation. Le chemin suivait une ligne proche de l’actuel Canal des Etangs passant successivement par Carcans, Lacanau et le Porge. Arrivés au bord du Bassin d’Arcachon, l’église Saint-Eloi d’Andernos-les-Bains puis la fontaine Saint-Jean au Teich étaient appréciés de ces visiteurs. Situés sur un ancien chemin romain, le Chemin du Port de By, il menaient ensuite au Prieure de Comprian à Biganos, fondé en 1085. Cet hôpital offrait un précieux secours dans cette quête si difficile. Après Mios puis Salle, se terminaient ce cheminement antique à l’église de Vieux-Lugo. La voie littorale se termine finalement au prieuré de Saint-Pierre-de-Mons où elle rejoint la voie de Tours.

Découvrir les voies jacquaires

Un grand nombre de voies sont suivies par des chemins de Petite ou de Grande Randonnée. Plusieurs parcours départementaux ou proposées par des Guides tels que les sentiers d’Amélie, permettent d’en suivre une partie et d’aller à la découverte du patrimoine ancien associé à ce pèlerinage.

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