1999 : Le site archéologique du Bois-Carré tombe à l’abandon

L’occupation gallo-romaine en Médoc est probablement bien plus importante que les vestiges encore visibles semblent l’attester. Hormis le site de Brion, rares sont les vestiges qui présentent aujourd’hui cette réalité historique. Les tempêtes de 1999 auront raison des derniers vestiges du bois carré.

Si vous faites de la randonnée dans cette portion du Médoc, un oeil averti permet d’identifier facilement les vestiges possibles d’un autre temps souvent relevés par des mottes de végétation au milieu de nulle part. C’est ainsi que le site du Bois-Carré fut découvert en 1960.

La découverte

La présence d’une réhausse de 3m environ dans une zone pierreuse et boisée avait éveillé la curiosité au milieu d’un paysage au profil très plat. Le Médoc a vu son profil géographique être très fortement modifié au fil des siècles. Autant l’action du fleuve que des hommes qui y ont développé une viticulture sur de vastes surfaces, ont très fortement lissé le paysage. Alors il ne fut pas rare au gré des aménagements ou des travaux agricoles que des vestiges soient mis au jour.

Il suffit notamment de regarder l’inventaire réalisé par Didier Coquillas dans sa thèse « Les rivages de l’estuaire de la Gironde du néolithique au Moyen âge » (2001) pour se rendre compte de la multiplicité des découvertes, dans un pays qu’on a toujours dit inhospitalier et impropre à l’implantation humaine.

Dès 1874, Léo Drouyn avait identifié dans le bois de Cigognac une ruine romaine mais sans qu’il y ait plus de prospection et notamment par la Société Archéologique de Bordeaux.

Les fouilles eurent lieu au Bois Carré de décembre 1969 et janvier 1970 par un groupe composé de 29 personnes. Ce fut l’occasion pour ce groupe de créer les « Cahiers Médulliens » permettant de rapporter les conclusions des premières fouilles. En 1974, le chantier est en partie protégé par un abri de chantier réalisé l’année précédente par la CET de Pauillac et dispose d’un dépôt et d’un abri archéologique. A cette époque, le site de Brion est également en pleine fouille et y fait de belle découvertes. En somme, à cette époque la communauté archéologique commence à avoir la confirmation d’une occupation gallo-romaine plutôt importante.

A la fin des années 70, cette émulation des premières découverte s’est un peu étiolée et les amitiés passées. Le site perd progressivement de son activité malgré de nouvelles demandes de fouilles dans les années 80, toutes refusées. En 1999, les tempêtes d’hiver détruiront les abris et réduiront le site à l’oubli.

Une villa romaine

Les vestiges fouillés ont mis en évidence un édifice dont onze pièces ont pu être fouillées, identifiée comme une riche Villa romaine en forme de L. Les découvertes ont permis de déterminer que les murs étaient peint et de dater sa création au 1er siècle après JC (3e style Pompéien). Le mobilier découvert était très fourni avec des monnaies, des bijoux et statuettes, mais aussi de la vaisselle, des vases ou manches de couteaux.

Relevé de fouilles

Compte tenu du périmètre fouillé assez limité, il n’a pas été possible d’identifier le nombre de dépendances et le périmètres de la villa. Un scan LIDAR de la zone permettrait d’en savoir bien plus.

Aujourd’hui

Aujourd’hui, les spécialistes estiment que seuls 25% du site ont été fouillés. Mais son état actuel en pleine friche empêche toute investigation. Selon Sud-Ouest, le mobilier découvert qui était conservé à la mairie de Saint-Yzans auraient été transférés dans des réserves de l’Etat à Pessac et ne sont plus visibles non plus. Bref, on ferme tout, fin de l’histoire.

Bibliographie

Chateau du Bois Carré : https://www.chateauboiscarre.com/notre-histoire

Site archéologique du Bois-Carré : https://inventaire.nouvelle-aquitaine.fr/dossier/site-archeologique-du-bois-carre/d3cd2745-f21a-42b6-b58d-ae736d8b68fc

Please follow and like us:
error1
Tweet 20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *